Un parent revisite"La Justice face à l'aliénation parentale""

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Je vous recommande chaudement la lecture de cet article revisité de manière fort intelligente et fouillée par un parent hautement concerné par la perte du lien parental mais en même temps très clairvoyante et rigoureuse dans l'analyse de la problématique globale.


 

J’ai repris l’exposé de monsieur VanDieren, gardé sa structure et l’ai amendé à la lumière de ce que je vivais, de manière tout à fait arbitraire, plutôt comme un cas d’école qui viendrait compléter, questionner, modifier parfois, mettre en lumière souvent le gouffre qui sépare ce que la justice voudrait être pour ses citoyens les plus faibles, les enfants, et ce qu’elle est réellement, ses dysfonctionnements graves,  sa lenteur endémique et surtout les conséquences mesurables à court terme sur la vie des familles, incommensurables à long terme, hélas.  

OBJECTIFS DE L’EXPOSÉ 
 

1. Contribuer à asseoir le RÔLE normatif (symbolique et effectif), la crédibilité et l’impact PÉDAGOGIQUE de la Justice en matière familiale, dans les situations les plus fragiles et délicates.

Pour y contribuer, il faut absolument que le juge de la jeunesse ait une vision transversale du dossier, ayant sous la main et pouvoir juger plus efficacement, tous les éléments jugés de la séparation : les jugements civils au niveau du divorce et au niveau de l’alimentaire, souvent éclairant ne fut-ce qu’au vu des demandes souvent édifiantes de certains parents. 

2. Contribuer à lutter contre l’IMPUISSANCE relative de la justice à lutter contre l’impuissance des parents en grave conflit à assumer leurs responsabilités parentales et contre leur incapacité (ou non volonté) à collaborer dans l’exercice conjoint de cette responsabilité. 

L’impuissance de cette justice tient dans son incapacité à agir vite et à choisir ses outils diagnostiques. Elle a donc besoin de procédures d’urgence plus efficaces et plus pertinentes dans le cas de risque de rupture parentale. Le Juge doit pouvoir rester au centre surtout dans ces cas-là. Il me semble que la déjudiciarisation est préjudiciable dans les situations où un parent tente d’éloigner un enfant de l’autre parent car l’on sait qu’il faut, dans ces cas-là, des équipes spécifiquement formées et aptes à sentir très vite le risque ; la rupture étant déjà en place, ces équipes doivent pouvoir s’en référer directement et rapidement au juge pour encore une fois réagir vite. Dans beaucoup de cas d’aliénation parentale, la personnalité du parent aliénant est très manipulatrice et donc capable de rallier à sa cause les intervenants s’ils ne sont pas au fait des procédés de diagnostic, s’ils n’ont pas l’expérience et le recul nécessaires pour déjouer les pièges qui leur sont tendus. Si même les professionnels de la psychologie peuvent être bernés par ces personnalités, que voulez-vous que fasse un intervenant social aux multiples dossiers et à la formation insuffisante ? 

3. DIAGNOSTIC: Contribuer à donner aux juges des « outils » diagnostiques qui leur permettraient de pointer efficacement et rapidement les situations de danger, en particulier le danger à court ou moyen terme de PERTE DU LIEN PARENTAL ou de «désaffection parentale » (cf. article du Dr Delfieu).

Il y a un besoin urgent d’équipes spécialisées, mobiles, pour adresser ce problème. Et ceux qui sont en première ligne été souvent les policiers qui remplissent, au début des conflits,  des procès-verbaux qui ne sont pas toujours lus. Tout dépend alors de la disponibilité et de la bonne volonté du Procureur du Roi, de a sensibilité, du temps qu’il a à consacrer pour lire les PV, consulter chez ses collègues les autres éléments du dossier.

Les experts traditionnellement respectés ne sont pas nécessairement plus aptes à mettre en lumière la manipulation de l’enfant. J’ai moi-même eu affaire à des experts qui ont estimé que la colère du papa n’était que la cause d’une crise passagère (cela fait deux ans et demi qu’elle dure face à la justice, et depuis bien plus longtemps dans le cadre du couple conjugal passé), qu’il avait su maintenir des liens convenables avec ses enfants (en dénigrant la mère ?), des experts qui ont utilisé des tests projectifs critiqués dans la littérature scientifique sur le sujet et absolument proscrits en cas d’enfants hyperactifs. Pourtant, c’est sur cette base que leur avis a été rendu. Un an après, alors que la situation s’est sclérosée et que la rupture du lien parental s’allonge pour dépasser l’année, des décisions au civil se basent encore sur cette expertise obsolète, ne fut-ce que par ses conclusions posées à un moment très particulier où la maman a été privée de contacts assez nombreux avec un des enfants, et est tout à fait privée de contacts avec l’autre. Le soi-disant accord arraché par les experts pour que le satus quo reste pour un des enfants, soit la garde partagée tellement consensuelle, le retrait de la  maman pour éviter de tirailler l’enfant aliéné ( retrait s’entendant momentanément, le temps que l’enfant puisse retrouver son libre-arbitre) se mue en ordonnance, donnant la garde totale au parent aliénant. 9a, c’est probablement le plus terrible à vivre, quand la justice transforme en ordonnance un état de fait que tous savent  anormal : un enfant ne peut être coupé de l’un de ses parents. 

4. MOYENS D’ACTION : proposer des modes d’actions spécifiques pour ces situations de « risque de perte du lien parental » où la Justice serait acteur et garant d’un dispositif

JURIDICO-PSYCHO-SOCIAL souple, rapide, structuré et efficace, dans ces situations où le temps, les manœuvres dilatoires et l’instrumentalisation des enfants sont de puissants catalyseurs du délitement du lien parental.

Quelques idées de moyens sont reprises en fin de document. 
 

I – CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES 

1) LA JUSTICE GARANTE DE L’ORDRE PUBLIC AU SEIN DES FAMILLES ? 

Dans notre société, le Législateur se pose actuellement la question de savoir si le rôle de la Justice consiste à déterminer et faire respecter la Norme ou au contraire s’en abstenir, considérant que l’individu crée lui-même ses propres normes. Son devoir d’intervention se réduirait alors au strict maintien de l’ordre public.

Cette tendance à la déjudiciarisation a sa raison d’être, y compris en matière familiale (cf. notamment l’encouragement aux modes de résolution de conflits alternatifs, comme la médiation). 

J’estime néanmoins que cette tendance à la non-ingérence de la Justice en matière familiale trouve sa limite radicale lorsque les garants du bien-être et du sain développement des enfants (en l’occurrence les parents) n’ont plus la compétence, ou ne sont plus en mesure, à cause du conflit, d’assurer cette mission essentielle de protection, d’éducation et de socialisation de l’enfant.

Dans ces cas, la Justice se doit de considérer que l’enfant n’est pas la seule “propriété” des parents, mais que l’enfant fait aussi partie intégrante de la Société, et la Justice représente cette Société. 

Dans les cas les plus graves, la loi de la jungle s’installe dans la famille, avec les enfants comme enjeu principal, avec comme conséquence que la loi du meilleur manipulateur ou du plus fort l’emporte. Le rôle de la Justice devrait alors consister dans un premier temps à encourager les parents à retrouver leurs compétences de parents, notamment en donnant sa juste place à l’autre parent. À défaut, elle devrait intervenir activement, directement ou indirectement, pour rétablir un minimum d’”ordre familial” dans l’intérêt des enfants. 
 
 

2) L’IMPUISSANCE DE LA JUSTICE FACE À LA TOUTE PUISSANCE DE L’ENFANT 

Une Justice qui énonce des principes et des droits et se montre impuissante à les faire respecter, tend à perdre sa crédibilité et son efficacité. Un fait est très révélateur à cet égard : les nombreuses plaintes pour non-présentation d’enfants qui s’accumulent dans les commissariats de police, dorment dans un tiroir pendant de longs mois, et celles qui arrivent au Parquet aboutissent la plupart du temps à un non-lieu.

J’ai déjà relevé à plusieurs reprises les effets pervers que la toute puissance donnée à l’enfant dans nos sociétés peut avoir dans son développement psychologique, en particulier dans des cas de séparation conflictuelle où on lui inculque très fréquemment que faute d’accord entre les parents, « c’est l’enfant qui décide », allant jusqu’à lui faire penser qu’il a le droit d’éliminer un parent de sa vie s’il déclare qu’il n’a plus « envie » de le voir. 

Et que dire de ce parent empêché qui crie son amour à son enfant, malgré sa violence vis-à-vis de lui, malgré les injures et les marques de rejet permanentes ? Comment cet enfant reçoit-il ce que le parent fait pour garder le contact ? N’y a-t-il pas un risque qu’il se sente encore plus puissant ? Qu’il se dise « quoi que je fasse, on m’aime quand même alors pourquoi faire un effort ? Pourquoi respecter ce parent prêt à tout ? » Qui va ensuite contribuer à sa réinsertion dans une vie normale avec des limites et des règles à respecter, des parents à respecter ? Qui va aider la famille amputée à retrouver un nouvel équilibre qui risque d’être fragilisé à nouveau si l’enfant est radicalement changé de domicile ?

Comment retrouver auprès de cet enfant, après des mois de séparation, une autorité bienveillante et reconstructrice ? Comment le remettre sur le même chemin que le reste de la famille sans qu’au premier embranchement il ne reparte pour aller plus loin encore ? Comment vivre ces échecs sans mettre en péril le reste de la famille qui, parfois, en a assez de cet enfant qui pompe toute l’attention, ne semble rien donner que des soucis, est attendu comme le messie et met tout le monde entre parenthèses ? Les autres enfants de la fratrie, quelquefois, crie avec raison leur besoin d’exister et d’avoir une place aussi grande et ne comprennent pas toujours pourquoi eux, qui ont su rester pondérés, ne reçoivent pas l’attention que l’enfant aliéné focalise. Cette situation n’est fait-elle pas une espèce d’enfant roi ? Si nous, adultes savons sa souffrance et ses conséquences dévastatrices, le sait-il, lui ? Ne risque-t-il pas d’entrer dans un processus destructeur où pour se protéger, il décide de ne tirer que profit de la situation, utilisant les uns et les autres pour endormir le mal-être qui ne doit pas manquer de le ronger ? 

3) LA DÉCHÉANCE PARENTALE 

L’évolution du Droit familial ces dernières années va dans le sens d’une mise en valeur accrue de la responsabilité parentale, si possible conjointe, aboutissant notamment à la quasi-élimination des mesures de déchéance parentale.

Pourtant, dans le même temps, la Justice se montre impuissante à empêcher des enfants de PRONONCER EUX-MÊMES et exécuter un jugement de déchéance parentale d’un de leur parent. 

Il convient d’être attentif à tous les mécanismes psychologiques qui peuvent entraîner un enfant à « choisir son camp », comme :

- Quitter le conflit de loyauté,

- Dépendance ou emprise psychologique,

- « Protection » du parent le plus faible,

- Phénomène d’«association de victimes » (voir articles précédents)

- Manipulation délibérée de l’autre parent…

Il faut souligner que c’est rarement un seul de ces procédés qui est en cause mais souvent plusieurs, voire tous !! Dans le cas qui m’occupe, tous ces mécanismes sont mis en jeu, rendant leur réversibilité beaucoup plus ardue à atteindre. 

Les intervenants judiciaires et sociaux (y compris de nombreux psys) obnubilés par la sacro-sainte « vérité » de la parole de l’enfant, confondant ses « envies » avec son intérêt supérieur, se laissent souvent abuser par l’apparente conviction ou sincérité des enfants évoquant les griefs énoncés.

Il y a la sacro-sainte vérité de l’enfant mais le tout aussi sacro saint besoin de tous les intervenants à rester au centre et à répartir équitablement et quelquefois avec de véritables calculs d’usuriers, la faute, la responsabilité, les luttes et affrontements. Pourtant, il doit y avoir nombre de situations, surtout dans ce domaine de la rupture du lien parental, où un parent est véritablement victime de la pathologie ou folie destructrice de l’autre parent. Il y a un moment où il faut arrêter de mettre la balle au centre et accepter de prendre une position ferme et tranchée, pour les enfants. Cette position peut passer par une prise de conscience du caractère gravement altéré de la parentalité d’un des parents. L’objectif doit rester de la rétablir dans sa fonction la plus positive. Mais cet objectif ne doit pas être un prétexte à ne rien faire, laisser dire, mais au contraire de se positionner clairement pour les enfants, aliénés ou non, et de les confier au parent le plus apte à les épanouir, le temps que le parent aliénant se reconstruise, travaille à comprendre son comportement et à le corriger, avec l’aide de thérapeutes compétents et sous la supervision de la justice.

Dans d’autres cas, les intervenants se rendent compte de la non-pertinence de la position de l’enfant ou de la manipulation flagrante qu’il subit, mais abdiquent face à la force de la « volonté » de l’enfant qui a été ou s’est conditionné pendant des mois ou des années dans sa « position », ayant entre-temps grandi, et étant parfois devenu adolescent.

De plus, tout en se rendant compte des dégâts subis dans le chef de l’enfant, ces intervenants sont tentés de se dire qu’il est trop tard, et que l’enfant serait encore plus perturbé par de nouveaux changements de vie si on l’obligeait à rétablir des contacts avec le parent rejeté. 

La frilosité des intervenants à prendre réellement position reste une des conditions essentielles à la réussite d’une rupture de lien parental ! 

C’est, bien entendu ce qui est vécu. J’ai même entendu : « Je ne peux quand même pas porter les erreurs et les manquements de mes collègues qui m’ont précédé ! » Le Juge même, après 3 échecs scolaires d’un enfant aliéné et parce que l’enfant semble vouloir s’y mettre enfin (il ne le peut pas, il vit sous la pression !!) accepte de donner une xième chance qui se soldera une fois de plus par un échec, hélas. Et que e temps perdu encore !! 

Comme je l’ai déjà relevé, le parent manipulateur, voulant garder l’emprise sur l’enfant tout en dénigrant l’autre parent, est à peu près certain de gagner « in fine » dans son entreprise d’élimination du parent « fautif » ou gênant. Il joue d’une part sur le temps qui passe et sur les procédures, sachant qu’au bout du compte, c’est la «volonté » de l’enfant qui l’emportera sur la Justice. Il met en outre en avant, en fin de parcours, la parole « spontanée » de l’enfant, qui, une fois bien conditionné, se conditionne lui-même et devient très convaincant vis-à-vis de tous, magistrats et psy compris.

Ces processus de « basculement » de l’enfant d’une position d’enfant aimé et aimant vers le rejet massif et parfois « violent » d’un parent peut résulter d’un processus lent et progressif, mais peut aussi se produire TRES rapidement (quelques semaines, parfois quelques jours), notamment suite à l’émergence d’un contexte à très forte charge émotionnelle où le parent proche se sent extrêmement fragilisé, menacé dans son intégrité, prenant ses enfant comme sauveteurs et/ou des outils de vengeance (effondrement psychologique, dénigrement grossier de l’autre, etc.).

L’absence fréquente de conséquences ou de sanctions en cas de non-respect de la loi, installe le parent proche dans sa conviction d’impunité, et donne à son enfant le modèle du règne de la toute puissance : « la Loi c’est moi ». 

Non seulement, « la loi c’est moi’ , mais  « la loi, je sais comment l’utiliser » en découpant les dossiers et en utilisant leur manque de connections entre eux. J’ai su, par exemple, qu’un  papa avait dit qu’avec son enfant majeur, il pouvait faire ce qu’il voulait car comme il était majeur, il n’entrait pas en ligne de compte et que rien n’était documenté. Et c’est ainsi qu’une fratrie est complètement cassée, des frères et sœurs montés les uns contre les autres alors qu’ils auraient bien besoin l’un et l’autre pour passer à travers la tourmente. Le plus stable des enfants est écarté alors qu’on laisse sans s’en soucier le plus jeune avec celui qui est aliéné et qui essaie d’entraîner le cadet pour se protéger lui-même et ne pas être seul dans cette galère Il constitue alors la personne relais de la volonté du parent aliénant. 

En ces matières comme ailleurs, le non-respect des lois devrait entraîner des conséquences ou des sanctions comme par exemple des astreintes ou à la rigueur un renversement de l’hébergement principal, au profit du parent qui respecte le mieux le rôle de l’autre (après avoir essayé les moyens non-coercitifs). 

Des astreintes me semblent plus judicieuses car il sera plus difficile d’expliquer à l’enfant qu’on doit payer à la Justice (qui reste représentante de l’autorité) et que c’est au profit de l’autre parent. La responsabilité mise sur le dos de l’autre parent me semble plus difficile à faire passer. Le renversement de la garde me fait peur. Cela me semble très traumatisant pour l’enfant avec moins de chance de succès dans la mesure où le parent aliénant pourra facilement faire passer le message à l’enfant : « C’est ta mère ou ton père qui ne veut plus que l’on se voie et qui veut t’avoir pour lui seul. Il se fiche de notre amour, en est jaloux et a tout fait pour y arriver. La Justice est avec lui ou elle parce que… ». De plus, si cet enfant est placé ou obligé de rester avec le parent haï, s’il est très solide dans ses convictions, il risque de rester longtemps sur ses positions et se retrouver un peu comme orphelin de ses deux parents puisqu’il a perdu le parent proche et ne peut se rapprocher de l’autre qu’il rend responsable de tout. 
 
 

II) LE RÔLE PÉDAGOGIQUE DU JUGE 
 

Une des difficultés que rencontrent les premiers intervenants en face d’un parent qui soutient un enfant qui refuse le contact avec l’autre parent, c’est notamment de : 

ß Dissocier, et aider ce parent à dissocier, son rôle d’ex-conjoint de son rôle de parent.

C’est son rôle, mais il a délégué ce rôle à des intervenants débordés, relativement et en tour cas, très inégalement formés en général, pratiquement pas à cette dynamique complexe et difficile à détecter ou à ne pas renforcer. 

ß Le sensibiliser à sa responsabilité éducative vis-à-vis de l’enfant, responsabilité qui implique une certaine autorité en le guidant VERS la responsabilité et l’autonomie, et non pas de le considérer comme un enfant déjà responsable de ses choix de vie. 

ß Faire comprendre que le rôle de parent ne consiste pas à être le simple exécutant ou porte-parole des désirs de l’enfant ni a fortiori de se soumettre d’office à ses désirs. Si nécessaire le parent doit pouvoir user de son influence et de son autorité pour exiger de l’enfant qu’il garde au moins un contact et si possible un lien avec l’autre parent.

S’avouer incapable de cela peut être interprété par le Juge comme un signe d’incompétence parentale.

Il faut savoir que si on a affaire à un véritable manipulateur intelligent, il a bien d’autres ressources pour faire montre de bonne volonté tout en obtenant l’inverse. Qui va évaluer ses motivations quand même des experts ont cru à sa bonne volonté ? La seule preuve est alors le temps qui passe et n’apporte pas de solutions. Mais quand le temps est passé, que la justice l’estime assez long que pour être crédible (car jusque-là, seule la sacro-sainte expertise prévaut !), l’aliénation a eu le temps de s’installer, l’enfant emprisonné dans des convictions qu’il ne maîtrise plus. 

Le lien de l’enfant avec l’autre parent doit être présenté au parent proche ainsi qu’à l’enfant comme un DROIT et une OBLIGATION, de même que le droit à la scolarité, avec obligation pour le parent proche d’y obliger son enfant s’il n’en a pas envie. La co-parentalité est une nécessité pour l’enfant et une exigence de la SOCIETE, et la Justice représente cette société.

Trop d’adultes « responsables », y compris dans les milieux judiciaires, confondent « envie » et « intérêt » de l’enfant. 

Et que dire du juge civil qui enregistre comme un soi-disant accord des parents, lorsque la garde de l’enfant violent en opposition avec un de ses parents est devenue impossible, la garde de cet enfant chez le parent aliénant ? C’est pourtant ce qui arrive, avec toutes les conséquences telles que domicile, donc carte sis, donc école… Le parent empêché retrouve sa situation qu’il espère temporaire, entérinée comme un accord, sous forme d’ordonnance. Et ce qui est écrit une fois est difficile de changer et de toute façon demande beaucoup d’argent pour les procédures. 
 

III - RÔLE DIAGNOSTIQUE 

Au plan pédagogique et diagnostique, une distinction importante que le juge aura à faire et surtout aider le parent à faire, c’est de départager dans le discours du parent « plaignant » ce qui ressort d’une véritable INQUIÉTUDE du parent concernant le bien-être de l’enfant chez l’autre parent, de ce qui ressort d’une volonté (déguisée ou non) de DÉNIGREMENT.

Il est bien évident que des inquiétudes d’un parent peuvent être parfaitement fondées. 

1) DÉNIGREMENT 

Dans certains cas, il existe des signes tangibles que les reproches exprimés par l’enfant et relayés par le parent proche relèvent du dénigrement pur et sont indicatifs d’une volonté d’aliénation parentale (cf. les critères classiques d’aliénation mentionnés dans l’article du Dr Delfieu, repris de Gardner, notamment le caractère massif, non-ambivalent, la futilité, les reproches « empruntés » etc. ).

Il convient de manifester la plus grande circonspection vis-à-vis d’un parent qui se définit comme LE bon parent, en mettant en avant le fait d’être préféré à l’autre parent par les enfants. Ce parent insiste souvent pour que les enfants soient entendus par les juges. Il se présente ainsi comme LE bon parent qui, lui, aime ses enfants et respecte leur « volonté ». 

2) TESTER LA MOTIVATION DU PARENT « PROCHE » À LA COLLABORATION PARENTALE 

Dans un certain nombre de situations, le doute subsiste sur la matérialité des reproches qui peuvent être formulés.

Dans ce cas, le juge peut accepter l’éventualité que ces reproches soient fondés, mais néanmoins tester l’existence d’un souhait, d’une intention de laisser à l’autre parent sa place de parent.

Une question est particulièrement intéressante à poser au parent proche : « Il est évident et naturel que votre enfant soit très attaché à vous. Mais à part vous, de qui, de quoi pensez-vous que votre enfant a besoin pour s’épanouir ? »

Les réponses à cette question laisseront apparaître la perception qu’a cette personne des besoins fondamentaux de son enfant et de la place qu’il estime que son enfant donne à l’autre parent. 

À propos des reproches, dire éventuellement : « si ces reproches sont graves et fondés nous ferons en sorte de le vérifier et interpellerons l’autre parent à ce sujet s’il le faut. Votre conjoint a sans doute des comportements qui doivent changer. »

Peut s’ensuivre de la part du juge un questionnement bref sur la place que la personne entendait donner à son conjoint en fondant un foyer, la place que ce conjoint avait pendant l’union et la place que cette personne aurait souhaité donner actuellement à l’autre s’il n’avait pas tous les défauts mentionnés.

« Selon vous, à quoi sert un père- une mère dans la vie d’un enfant ? »

À travers ce type de questionnement, peut apparaître assez clairement la possibilité ou non d’une collaboration parentale minimale, seule ou avec l’aide d’un médiateur. 

Encore une fois, à ce stade, il ne faut pas avoir recours à un expert traditionnel mais plutôt à un expert spécifiquement formé et à une équipe pluridisciplinaire pour entourer ce dernier. 
 

3) CRITÈRES OBJECTIFS de risque de perte de lien parental 

La Justice dispose d’un critère OBJECTIF qui devrait permettre d’interpeller le parent proche à propos du risque de perte du lien parental, c’est la bien (et tristement) connue « non-présentation d’enfant ». 

Comme cela a été développé dans mes précédents articles, à ce stade (et même après) il est inutile et même contre-productif de prononcer le mot «aliénation parentale ».

Il s’agit d’obliger le parent proche à CONSTATER que si la situation actuelle se prolonge, le risque de perte du lien parental existe bel et bien. À ce stade, il n’est pas encore nécessaire de pointer UN coupable de cette situation.

On relève que dans cette situation les trois pôles (maternel paternel et les enfants) sont impliqués, et donc chacun, à des degrés divers, sera invité à participer à la solution. 

A partir du CONSTAT dont l’enfant n’a plus vu son parent « secondaire » depuis x temps, il convient de poser la question de savoir si le parent présent trouve cette situation normale et souhaitable, et ce qu’il est prêt lui-même à faire pour y remédier.

Peut alors s’ensuivre le questionnement « pédagogique et diagnostique » cité plus haut. 
 
 

4) ATTESTATIONS, RAPPORTS DIVERS ET LETTRES D’ENFANTS AU JUGE 

À ce stade, il est fréquent que le parent justifie ou tente de justifier sa position par l’attestation d’un médecin ou d’un enseignant affirmant que l’enfant est systématiquement malade, fatigué, ou perturbé, après un séjour passé chez l’autre parent. Certains médecins (généralistes souvent) se permettent même d’établir noir sur blanc une relation de cause à effet entre le mal-être de l’enfant et la mauvaise qualité des liens enfant parent (parfois qu’il n’a jamais vu).

(NB : ce type d’attestation « interprétative » devrait à mon avis être bannie comme faute professionnelle).

Or, dans la grosse majorité des cas, ce dont souffre l’enfant, c’est notamment l’appréhension de changer de milieu de vie à la fin d’un séjour chez un parent, et surtout la conscience des conflits parentaux dont il est l’objet et l’enjeu, avec souvent l’appréhension des contacts houleux ou explosifs lors de son passage d’un parent à l’autre.

Il est fréquent que des parents viennent avec un rapport de psychologue attestant que l’enfant présente une forte appréhension ou angoisse à l’idée d’aller chez le parent « secondaire », et de ce fait préconise une suspension, voire une suppression des liens parent enfant, pour ne pas aggraver le trouble de l’enfant  

( Voir à ce propos  sous la rubrique "Forum" l'article du conseil de l'Ordre des médecins sur le sujet) 

L’ENFANT QUI VA BIEN. 
 

Il arrive aussi fréquemment qu’un parent proche justifie l’écartement de l’autre parent par le fait que depuis que l’enfant a choisi le « bon » camp, il va mieux, travaille bien à l’école etc. Ce qui est souvent vrai.

L’enfant peut en effet être soulagé d’avoir « résolu » le perpétuel tiraillement du conflit de loyauté en décidant une fois pour toutes qui est le bon parent et tout ce qui y est associé : le bon clan familial, la bonne maison le bon quartier, en excluant ce qui est associé à l’autre parent.

Il est exact que d’un certain point de vue, ça peut simplifier l’existence de l’enfant. Mais ce « travail » psychologique de « clivage » dans le chef de l’enfant entre un bon et mauvais parent se réalise au prix de dégâts psychologiques importants à moyen et long terme. (cf. l’article du Dr Delfieu) 

Ce qui est alors souvent préconisé par un certain nombre de psy, c’est de maintenir l’écartement du parent éloigné en attendant que celui-ci, soit change radicalement son comportement (éventuellement en suivant une thérapie), soit tente une médiation familiale. APRES QUOI l’enfant pourra voir ce parent, si et quand il en aura envie !!

Il n’est pas rare d’entendre des psys affirmer et écrire : « on ne peut tout de même pas obliger un enfant à voir son père ou sa mère s’il n’en a pas envie ! »

Il faut savoir que quand un enfant dit « je verrai mon père-mère plus tard, quand je me sentirai prêt, ou quand j’en aurai envie », revient à dire (avec une probabilité proche de 100% ) qu’il ne le verra plus ou quasi plus.

Outre l’aspect souvent anti-déontologique de telles pratiques, je considère que ce genre de position professionnelle contribue puissamment (souvent involontairement, je le concède) à renforcer la position de toute puissance de l’enfant, et à attiser et cautionner un processus d’aliénation parentale en route à marche forcée.

Les lettres des enfants écrites « spontanément » au juge sont à considérer avec la plus grande circonspection.

Même une lettre qui n’est pas écrite sous la dictée peut résulter d’une longue manipulation d’un parent. Ceci dit certaines lettres d’enfants sont de véritables appels au secours qu’il faut prendre en considération, bien sûr. 

Comment peut-on, dans un tel contexte, imaginer un retissage des liens avec l’autre parent qui n’est pas là et qui ne PEUT pas être là ?

À moins de cas de maltraitance avérée, je préconise que même dans les cas où un travail psychologique est à réaliser avec le parent éloigné, le CONTACT, ne fut-ce que minimal (à distinguer du lien) avec l’enfant est à maintenir à tout prix, si possible dans un autre contexte qu’un espace rencontre. Dans les situations délicates, un psy devrait pouvoir être mandaté pour tenter ce retissage des liens avec l’autre parent, et ce en faisant tout pour obtenir la collaboration active du parent « principal». 
 

IV - MOYENS D’ACTION 

Une fois cette phase de pédagogie diagnostic accomplie, je suggère que le juge propose aux parents trois types de démarches, en fonction du «diagnostic » qu’il aura posé. Démarches allant du plus faible danger de désaffection parentale, laissant aux parents le maximum de chances de retrouver entre eux une manière de redonner à chacun sa place (mise à l’épreuve immédiate) ; jusqu’à l’expertise classique, quand la confrontation domine et qu’aucune chance de dialogue constructif n’existe ; en passant par la Guidance parentale avec mandat, quand un dialogue minimal est envisageable, mais avec l’encadrement serré d’un intervenant mandaté par la justice. 

1) MISE À L’ÉPREUVE IMMÉDIATE 

Dans les cas les plus légers, il est demandé au parent proche de faire en sorte lui-même que le rétablissement des liens avec l’autre parent se fasse immédiatement. Si le dialogue est difficile, le recours à un médiateur familial ou à un psychologue pour les enfants peut être recommandé. Dans ce cas, le juge devrait se donner les moyens de vérifier si le rétablissement des liens est effectif. La personne doit savoir que si elle n’est pas d’accord, ou si elle ne tient pas immédiatement ses engagements, la deuxième solution lui sera imposée. 
 

2) GUIDANCE PARENTALE SOUS MANDAT JUDICIAIRE 

Dans cette formule, un intervenant psy sera désigné par le juge qui aura pour mission d’accompagner activement les parents dans la recherche de moyens qui visent à rétablir les meilleurs liens possibles entre les enfants et chacun de leurs parents.

Si les liens avec un parent ont été distendus ou suspendus, un processus de retissage des liens progressifs sera envisagé.

Dans ce processus, chaque parent accepte d’être impliqué, ensemble ou individuellement : autant le parent éloigné que le parent proche. Les enfants seront également entendus, mais sans faire reposer sur leurs épaules la résolution des conflits entre les parents.

Le moment venu, le psy interviendra activement dans le retissage des liens perdus entre le parent éloigné et les enfants.

Le processus doit être « soutenu », et doit éviter les possibilités de manœuvres dilatoires. Mais il doit aussi laisser le temps nécessaire pour que les attitudes, les liens et les préjugés évoluent.

Dans ma pratique, je fais des évaluations régulières chaque fois qu’un consensus partiel a été obtenu ou chaque fois que des modalités d’hébergement ou de reprise de contacts ont été effectuées. J’envoie ces évaluations par mail à chaque partie et à leurs conseils qui peuvent à chaque fois faire des commentaires qui sont immédiatement envoyés à l’autre partie.

L’intervenant doit bénéficier d’une large marge de manœuvre dans les initiatives à prendre : entretiens individuels, avec les deux parents, un parent avec un enfant… selon le contexte et les besoins, mais toujours dans la transparence.

Les parents doivent savoir dès le départ que si la situation n’évolue pas, l’intervenant prendra l’initiative de faire un rapport au juge sur l’état de la situation. 

Ainsi, dans les cas d’ALIÉNATION PARENTALE moyenne ou sévère, l’intervenant pourra dans les meilleurs délais faire part au juge des réactions de sabotage du processus, de non-respect des engagements pris, ou de dénigrement ou de manipulation ou de mauvaise foi qu’il aura pu lui-même CONSTATER DANS LE COURS MÊME du processus de guidance, et non plus postulé au départ (ce qui est toujours violemment dénié par la personne concernée). 

Tout en faisant comprendre aux parents qu’on développe un processus où le maximum possible d’autonomie leur est laissé, ils doivent en même temps savoir qu’en cas de non-collaboration au processus, il y AURA rapport au juge et sanction à la clé.

Le juge doit pouvoir exercer son autorité pour imposer le respect du processus.

Dans beaucoup de ces situations, la médiation familiale est à exclure car elle donne au meilleur manipulateur un « outil » de plus pour augmenter son emprise en lui faisant gagner du temps. 

Dans ce processus, la collaboration active des AVOCATS est indispensable.

D’une part, ils sont tenus au courant au fur et à mesure de l’évolution de la situation, d’autre part, ils doivent s’engager à abandonner la logique de confrontation systématique, et donner toutes ses chances à la recherche d’une véritable COLLABORATION PARENTALE respectueuse de chacun, des enfants en premier.

Le juge doit pouvoir être tenu régulièrement au courant de l’évolution du processus de guidance et prendre le cas échéant les mesures qui s’imposent.

Il s’agit donc d’un processus encadré et contrôlé par la Justice. L’intervenant psy et les avocats sont des auxiliaires actifs et collaborant dans le processus. Celui-ci est rapide dans son démarrage et son déroulement, mais laisse le champ libre à une évolution en profondeur des relations et des positions de chacun. 
 

Il me semble qu’à ce stade-là, il est important de remettre le parent empêché au centre des débats et des actions, et ce pour plusieurs raisons :

-il a besoin de retrouver un rôle actif dans la vie de son enfant et c’est une première porte d’entrée. Il doit pouvoir retrouver une image positive de lui-même et de sa parentalité qui ont été souvent très malmenées au cours de la procédure. Sa souffrance a souvent été niée, il a souvent été soupçonné de pathologie grave (on ne perd pas un enfant quand on est normal) et a souvent une vie de dénigrement de son ex derrière lui ;

- de tous les intervenants, qu’ils soient juge, procureur, experts, qu’ils soient thérapeutes, psychologues ou intervenants psychosociaux il est celui qui connaît le mieux l’enfant ;

- de tous les intervenants, , qu’ils soient juge, procureur, experts, qu’ils soient thérapeutes, psychologues ou intervenants psychosociaux, il est celui qui connaît le mieux l’autre parent ;

- de tous les intervenants, , qu’ils soient juge, procureur, experts, qu’ils soient thérapeutes, psychologues ou intervenants psychosociaux, il est probablement celui qui se remet le plus en question car sans cesse bousculé dans ses convictions par cet enfant qui le rejette si puissamment. Le parent empêché consulte sans qu’on le lui demande, lit, essaie de comprendre, de trouver des solutions. Il devient expert de son cas et cette expertise devrait être prise en compte à des fins constructives ;

-instinctivement et par sa connaissance de l’autre parent et de l’enfant, il sait souvent les solutions qui collent à la personnalité de son enfant et de son ex et a ce pouvoir d’éviter de perdre encore du temps avec des solutions vouées à l’échec.

Cela ne veut pas dire qu’il a systématiquement raison mais lui permettre de hiérarchiser et de choisir les premières solutions possibles peut permettre de gagner un temps précieux. 

À ce stade-là aussi, quand la rupture avec le parent est déjà bien installée et qu’il n’y a plus de doute quant à l’absence de volonté réelle du parent proche de mettre tout en œuvre pour retisser des liens entre le parent empêché et l’enfant, il est largement temps de mettre aussi au centre des débats ce parent qui fait du mal à ses enfants.

- Il est temps de le confronter, par des mots simples et qui portent, avec ses pratiques honteuses de manipulation.

- Il est temps de lui dire clairement qu’il a tort et qu’il doit changer et que s’il ne le fait pas, il y aura des conséquences. (dans tous les cas cas, jamais personne n’a le courage de le dire au parent aliénant avec des mots simples et non psychologisants qui s’ils le sont ne servent généralement qu’à édulcorer une réalité crue et triste)

- Il est temps de lui rappeler :

     - que son conjoint l’a quitté et que c’est un droit fondamental ;

     - que les enfants n’ont pas à le porter dans sa peine ;

     - que son attitude est aussi indigne que cruelle vis-à-vis de ses enfants ;

    - que l’on est en droit à ce stade de douter de la qualité de sa parentalité s’il est incapable de voir le mal qu’il fait à ses enfants ;

- Il est temps de le mettre en présence de son enfant après l’avoir préparé de manière contrainte avec un psy,et de lui faire dire devant témoin (à compléter selon le cas) :

    - « J’ai dit que ton parent était fou ou monstrueux, ou qu’il ne t’aimait pas, ou qu’il te voulait du mal ou qu’il était parti pour quelqu’un en t’abandonnant… ce n’était pas vrai, c’est ma colère qui parlait, ma colère contre ta mère ou ton père ».

    - « J’ai dit que ce parent ne s’était jamais bien occupé de toi, j’ai dit des tas de choses fausses et très méchantes … mais c’était ma colère qui parlait ». (À ce stade, il est importantes de ne pas parler dans le flou, de vagues allégations, mais de reprendre les termes qui ont été utilisés, il faut que l’enfant puisse faire le lien direct avec ce qu’il a entendu et vécu pour ajouter à la crédibilité.

    -«  J’ai dit que ta mamy ou ta tante ou …me voulaient du mal et que je devais te protéger aussi, ce n’était pas juste ».

    -« J’ai dit que je devais te protéger de cette famille mais je sais maintenant que tu as besoin des deux familles pour te construire ».

    - « J’ai dit des choses que tu as crues et je te remercie d’avoir voulu me soutenir et me protéger. Mais je suis adulte et je dois pouvoir le faire seul. Tu as ta vie et j’espère y garder une place importante mais une place de parent. Tu n’es pas mon confident et tu n’as pas à t’occuper du divorce ou de ses conséquences pécuniaires. C’est à moi et à ton autre parent à gérer tout cela et sache que la justice est là pour veiller à ce que ce soit juste et équitable. » 

Je pense qu’il n’y a pas de salut si le parent aliénant n’est pas directement impliqué dans la reprise d’une appréhension normale de la situation. Si c’est lui qui a provoqué tous ces mensonges, c’est à lui aussi de les défaire pour qu’au moins, l’enfant puisse se poser des questions tout en gardant du respect pour ce parent qui est prêt à se remettre en question et à reconnaître ses erreurs. On a tous le droit à l’erreur, mais on a aussi le devoir de les reconnaître. 
 
 
 
 

3) L’EXPERTISE CLASSIQUE 

Elle serait recommandée quand les situations où un conflit (aigu ou non) existe, mais où un processus d’aliénation parentale n’est pas en cause : il s’agit alors de décider sans délai de mesures visant à contrer l’éventuelle action toxique d’un parent négligeant ou maltraitant et de protéger les enfants contre les conséquences du conflit.

Ou au contraire, cette expertise est nécessaire lorsque le syndrome d’aliénation parentale est déjà manifeste et installé, afin de déclencher les mesures de protection des enfants. Elle peut inclure le cas échéant une expertise psychiatrique des parents. 

Quant à cette expertise à posteriori, je n’y crois que si elle est rapide, basée sur des faits, si elle n’arrête pas les procédures en cours et si elle est mise en œuvre par des spécialistes reconnus dans le domaine et que ces spécialistes sont en contact direct avec un intervenant judiciaire qui a une vison transversale du dossier (voir plus haut) 
 

Benoît VAN DIEREN 

Psychologue Médiateur Expert